M. Daniel Top, Maire Les raisons de la colère

Le sentiment qui persiste aujourd’hui, c’est l’exaspération extrême. Elle se nourrit de toutes les formes d’humiliation et de mépris. Le chômage, la précarité, la mal-vie, l’insécurité que subissent les salariés et les retraités.

La première blessure infligée aux salariés, la non-reconnaissance de la valeur du travail.
Celle ci est déconsidérée et désignée comme responsable de la déficience économique. Son coût est sans cesse tiré vers le bas, comme une banale marchandise, en réduisant régulièrement le salaire différé (part employeur des cotisations sociales).
Plus de 3,1 millions de salariés sont payés au smic (1 143 € nets par mois) au mépris de leurs besoins essentiels, de leur santé, de leur qualité de vie et celle de leurs enfants.

Face aux profits faramineux détournés par les financiers, comment ne pas être en rage devant le luxe affiché à grand renfort de médias alors que l’on ne sait pas comment payer la cantine et le loyer ? Comment supporter les méthodes de management plus inspirées de la loi de la jungle que du vivre ensemble.

Pour les retraités qui ont passé toute leur vie à travailler, la blessure est aussi douloureuse.
Non seulement les valeurs du travail qu’ils ont portées sont bafouées, mais leur vie à la retraite est menacée de décroissance rapide.

Après les résultats des élections régionales, les journaux qualifient le mécontentement de « désenchantement démocratique » ; ils sont bien loin du compte.
C’est une colère sourde devant la domination exclusive des puissances de l’argent produisant les haines, les divisions, la xénophobie, le racisme. Plus que jamais, le bien être des salariés et l’avenir de notre civilisation sont incompatibles avec le libéralisme mondial.

Des transformations fondamentales de notre société sont inéluctables et urgentes.

Daniel TOP, Maire de Meurchin